Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/297

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— Ça ne fait rien.

Olénine courut à Mariana et l’embrassa.

Mariana ne se débattait pas.

— Quoi, pas assez de baisers ! — fit Oustenka.

— Tu te marieras et alors tu embrasseras tant que tu voudras. Mais maintenant, attends.

— Au revoir, Marianka. Demain j’irai chez ton père et lui parlerai moi-même. Toi, ne dis rien. — Qu’ai-je à lui dire ? — répondit la jeune fille.

Les deux jeunes filles se mirent à courir. Olénine alla seul en songeant à tout ce qui s’était passé.

Toute la soirée il était resté seul avec elle dans le coin, près du poêle, Oustenka ne sortait pas une seule fois de la cabane et s’amusait avec les autres filles et Bieletzkï. Olénine parlait en chuchotant à Marianka.

— Tu m’épouseras ? — lui demandait-il.

— Tu me trompes, tu ne me prendras pas ? — répondait gaiement et tranquillement Marianka.

— M’aimes-tu ? Parle, au nom de Dieu !

— Pourquoi ne t’aimerais-je pas ? Tu n’es pas borgne, — disait en riant Marianka ; et elle serrait les mains d’Olénine dans ses mains vigoureuses. — Comme tes mains sont blanches, comme elles sont blanches, douces comme du caillé.

— Je ne plaisante pas. Dis-moi si tu m’épouseras ?

— Pourquoi pas, si le père le permet.