Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/301

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— Par cette porte on sera plus vite sorti.

— Tu chantes ! — cria Loukachka — il faut prendre la porte du milieu.

— C’est vrai, ce sera plus près — fit un Cosaque tout couvert de poussière, monté sur un cheval en sueur.

Le visage de Loukachka était rouge, boursouflé par l’orgie de la veille. Son bonnet était posé derrière la tête. Il criait impérieusement comme s’il était le chef.

— Qu’y a-t-il ? Où allez-vous ? — demanda Olénine, qui à grand peine finit par se faire remarquer des Cosaques.

— Nous allons saisir des Abreks qui se cachent dans les brisants. Nous allons tout de suite, mais nous sommes peu nombreux.

Et les Cosaques, en continuant à crier et à se grouper, s’éloignèrent dans la rue. Aussitôt, il vint en tête à Olénine qu’il serait mal de n’y pas aller, et de plus, il pensait revenir de bonne heure.

Il s’habilla, chargea son fusil, sauta sur son cheval à peine sellé par Vanucha et rattrapa les Cosaques à la sortie de la stanitza.

Les Cosaques descendus de cheval formaient un petit cercle ; versant dans les coupes de bois, le vin d’un petit fût qu’on leur avait apporté, ils buvaient tous et priaient au succès de leur expédition. Parmi eux se trouvait un jeune et élégant khorounjï venu par hasard à la stanitza et qui prit