Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/302

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le commandement des neuf Cosaques réunis. Tous les Cosaques étaient de simples soldats et bien que le khorounjï prît le rôle de chef, ils n’obéissaient qu’à Loukachka. Tant qu’à Olénine, ils n’y firent aucune attention. Quand tous furent montés à cheval, ils partirent.

Olénine s’approcha du khorounjï, et se mit à l’interroger sur ce qu’ils allaient faire. Le khorounjï, très poli d’ordinaire, se tenait avec lui du haut de sa majesté. Olénine put à grand peine tirer de lui une réponse. La patrouille envoyée à la recherche des Abreks avait trouvé quelques montagnards à huit verstes de la stanitza, dans les brisants. Les Abreks, cachés dans les ravins, tiraient et menaçaient de ne pas se rendre vivants, l’ouriadnik, qui était dans la patrouille était resté là-bas avec deux Cosaques et en avait envoyé un à la stanitza pour appeler les autres à l’aide.

Le soleil commençait à se lever. À trois verstes de la stanitza, de tous côtés, s’étendait la steppe et l’on ne voyait rien sauf la plaine monotone, triste, sèche, le sable sillonné par les traces du bétail. Çà et là des herbes fanées, dans des enfoncements, des roseaux rabougris, de rares sentiers à peine tracés et le camp des Nogaïs, qu’on apercevait à l’horizon lointain. Partout frappait l’absence d’ombre et le ton sévère du pays.

Dans la steppe, toujours le soleil se lève et se couche en feu. Quand il fait du vent, des