Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/329

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II


À quatre heures du matin, le lendemain, le capitaine vint me prendre. Il portait un vieux veston usé, sans épaulettes, la culotte large des Lesguines, un haut bonnet blanc de fourrure fripée et jaunie ; un sabre asiatique assez mauvais était mis en travers de l’épaule. Le petit cheval blanc qu’il montait marchait au petit trot, baissait la tête et agitait sans cesse sa queue courte. Bien que la personne du bon capitaine fût peu martiale et manquât de beauté, elle était empreinte de tant d’indifférence pour tout ce qui l’entourait, qu’elle inspirait un respect involontaire.

Je ne le fis pas attendre un moment. Je sautai aussitôt sur mon cheval, et ensemble nous franchîmes les portes de la forteresse.

Le bataillon nous devançait déjà de deux cents sagènes et semblait une masse noire, compacte, mouvante. On devinait l’infanterie seulement parce