Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/356

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VIII


Le guide indiqua le gué, et l’avant-garde de la cavalerie, puis le général et sa suite commencèrent la traversée. L’eau arrivait au poitrail des chevaux, elle se brisait avec une force extraordinaire sur les pierres blanches qui affleuraient à certains endroits et formait autour des jambes des chevaux des courants écumeux et bruyants. Les chevaux étonnés par le bruit de l’eau soulevaient la tête, dressaient les oreilles, mais sur le lit inégal marchaient en mesure et avec prudence contre le courant. Les cavaliers soulevaient leurs jambes et leurs armes. Les soldats d’infanterie, couverts simplement de leurs chemises, soutenaient au-dessus de l’eau les fusils auxquels étaient accrochés les habits empaquetés. Par vingtaines, ils se tenaient les mains et avec des efforts qui se lisaient sur leurs visages tendus, ils tâchaient de faire face au courant. Les cavaliers