Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/366

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X


Le général partit devant avec la cavalerie. Le bataillon avec lequel j’avais quitté la forteresse N*** restait en arrière-garde. Les compagnies du capitaine Khlopov et du lieutenant Rozenkrantz se retirèrent ensemble.

La prédiction du capitaine se trouva justifiée. À peine étions-nous entrés dans les étroits sentiers de la forêt qu’il avait désignés, qu’aussitôt, de deux côtés, se montraient sans cesse des montagnards à cheval et à pied, si près, que je distinguais très bien comment quelques-uns, en se courbant, le fusil dans la main, couraient d’un arbre à l’autre.

Le capitaine ôta son bonnet et dévotement fit le signe de la croix. Quelques vieux soldats l’imitèrent. Dans la forêt on entendait des hurlements, les cris : « Iaïe, Giaour ! Aurouss Iaïe ! » Les coups secs, brefs du fusil se succédaient et les balles sif-