Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/37

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IV


La partie du cours du Terek sur laquelle sont disposées les stanitza de Grebensk, quatre-vingts verstes de longueur environ, présente le même caractère et la même population sur toute son étendue. Le Terek, qui sépare les Cosaques des montagnards, roule rapidement ses eaux troubles, mais ici son lit est déjà large et tranquille et il dépose sans cesse du sable gris sur sa rive droite, basse et couverte de roseaux, en même temps qu’il creuse sa rive gauche escarpée, pas très haute, où se voient des racines de chênes centenaires, des platanes qui commencent à pourrir et de jeunes arbustes. Sur la rive droite sont situés les aouls pacifiés mais encore un peu turbulents, et sur la rive gauche, à une demi-verste de l’eau et à une distance de sept à huit verstes l’une de l’autre, sont disposées les stanitza. Autrefois la plupart de ces stanitza étaient sur la rive même, mais le Terek la creuse en s’écartant chaque