Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/38

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année, au nord des montagnes, et maintenant, là, on ne voit plus que de vieilles habitations couvertes de plantes, des jardins délaissés avec des poiriers et des tilleuls, mêlés de mûriers et de pampres sauvages.

Personne n’y habite plus, et, dans le sable, on ne voit que les traces des cerfs, des loups, des lièvres et des faisans qui recherchent ces endroits. D’une stanitza à l’autre, à la longueur d’une portée de canon, une route est tracée dans la forêt. Le long de la route sont établis des cordons où stationnent les Cosaques. Entre les cordons, sur les points d’observation, se tiennent les sentinelles. Une langue étroite de terre forestière fertile, de trois cents sagènes [1] environ, forme le domaine des Cosaques. Au nord, commencent les terres sablonneuses des steppes des Nogaï ou de Mozdoksk qui montent loin au nord et se confondent, Dieu sait où, avec les steppes de Troukhmen, d’Astrakhan et Kirgiz-Kaïsatzk ; au sud du Térek, la grande Tchetchnia, la chaîne Kotchkalosovski, les Montagnes-Noires, encore une autre chaîne, et enfin les montagnes de neige qu’on aperçoit seulement mais où personne ne fut encore jamais. Dans cette langue fertile, forestière, riche en plantes, vit, depuis des temps immémoriaux, la population russe, guerrière, belle, riche, vieille-croyante, qu’on appelle les Cosaques de Grebensk.

  1. Une sagène vaut 2m134.