Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/79

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IX


Le jour commençait à poindre. Maintenant on voyait très distinctement tout le corps du Tchetchenze, qui arrêté sur le haut-fond, oscillait à peine. Tout à coup, non loin du Cosaque, les roseaux craquèrent, on entendit des pas et les sommets des roseaux s’agitèrent. Le Cosaque visa pour la seconde fois, et prononça : « Au nom du Père et du Fils ». Au bruit de la gâchette, les pas s’arrêtèrent.

— Holà, les Cosaques ! Ne tirez pas sur l’oncle ! — prononça une voix grave, tranquille, et l’oncle Erochka, en écartant les roseaux, s’approcha de Louka.

— Par Dieu, j’ai failli te tuer !

— Pourquoi as-tu tiré ? — demanda le vieillard.

La voix sonore du vieux, qui se répercutait dans la forêt et en bas sur le fleuve, rompit d’un coup le mystérieux silence de la nuit qui entourait le Co-