Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/297

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



II

Notre voyage à Pétersbourg, une semaine passée à Moscou, ses parents, les miens, l’installation de notre nouvelle résidence, la route, les nouveaux pays, les nouveaux visages tout cela passait comme un rêve. Tout cela était si varié, si neuf, si gai, tout cela était si chaudement et si brillamment éclairé par sa présence, par son amour, que la vie paisible de la campagne me semblait quelque chose de très lointain, et de mesquin. À mon grand étonnement, au lieu de la morgue et de la froideur que je m’attendais à trouver dans le monde, tous me recevaient avec une sympathie et une joie si naturelles (non seulement les parents, mais même les inconnus) qu’on eût dit que tous ne pensaient qu’à moi et n’attendaient que moi pour se trouver heureux. Une autre surprise pour moi : dans le cercle mondain, que je jugeais le meilleur, mon mari avait beaucoup de connais-