Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/304

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et les sourcils froncés comme sous l’effet d’un mal physique. — Comme cela nous sied peu à toi et à moi ! Laisse cela aux autres, ces relations mensongères peuvent gâter les vraies qui, je l’espère, reviendront encore.

J’avais honte et me tus.

— Elles reviendront, Macha ? Hein ! qu’en penses-tu ?

— Elles n’ont pas disparu et ne disparaîtront jamais, — dis-je ; et en effet cela me semblait être ainsi.

— Dieu le veuille ! — prononça-t-il. — Je crois qu’il est temps déjà que nous rentrions à la campagne.

Mais il ne me parla qu’une fois sur ce ton ; généralement, il me paraissait aussi satisfait que moi et j’étais heureuse et gaie. « Et s’il s’ennuie parfois, — me consolais-je, — alors je m’ennuie aussi, en échange, à la campagne, et si nos relations se sont un peu modifiées, tout cela reviendra de nouveau, l’été, quand nous nous retrouverons seuls avec Tatiana Sémionovna, dans notre maison de Nikolskoié ».

Ainsi s’écoula l’hiver, sans qu’on s’en aperçut, et, contrairement à nos plans, nous passâmes même la semaine de Pâques à Pétersbourg.

La semaine de Quasimodo, quand déjà nous nous préparions à partir, que tout était emballé, que mon mari, qui faisait des achats de cadeaux, de divers