Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/314

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Ne savent-ils pas aussi ma conversation avec mon mari ? Notre cousine me ramena à la maison et en route nous causâmes de mon mari. Je ne pus me retenir de lui raconter tout ce qui s’était passé entre nous à cause de cette malheureuse soirée.

Elle me rassura en disant que c’était un sentiment très ordinaire, qui ne signifiait rien et ne laisserait aucune trace. Elle m’expliqua, à son point de vue, le caractère de mon mari, et trouva qu’il était devenu très renfermé et orgueilleux. J’en tombai d’accord avec elle, et il me sembla que moi-même je commençais à le mieux comprendre et avec plus de sang-froid. Mais ensuite, quand je me retrouvai en tête-à-tête avec mon mari, un crime semblait peser sur ma conscience, et je sentis que l’abîme qui nous séparait maintenant se creusait davantage.