Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/339

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Le nuage, sans aucun vent, s’abaissait de plus en plus ; l’air devenait encore plus doux, plus parfumé, plus immobile ; et, tout à coup, une goutte tomba, bondit sur la toile de la terrasse, une autre s’écrasa sur le sable du sentier. Quelque chose bruissa sous les ronces et la pluie toujours croissante se mit à tomber à grosses gouttes.

Les rossignols et les grenouilles se turent tout à fait, seul le bruit fin de l’eau, bien qu’il parût plus éloigné à cause de la pluie, montait toujours dans l’air, et un oiseau, probablement en s’enfonçant dans les feuilles sèches, non loin de la terrasse, émettait régulièrement ses notes monotones.

Il se leva et voulut s’en aller.

— Où vas-tu ? — dis-je, le retenant… — Il fait si beau ici.

Il faut leur envoyer des parapluies et des galoches.

— Non, ça passera tout de suite.

Il consentit et nous restâmes près de la rampe de la terrasse. J’appuyai ma main sur la planche mouillée, glissante, et avançai la tête. La pluie fraîche mouillait mes cheveux et mon cou. Les nuages s’éclaircissaient et les gouttes tombaient plus rarement sur nous. Le bruit régulier de la pluie faisait place à celui des gouttes rares qui tombaient des feuilles. De nouveau, en bas, les grenouilles se mirent à coasser, de nouveau, les rossignols s’animèrent et, du buisson, commencèrent