Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/147

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teté des alliances — il accentua surtout le mot alliance, comme si en cela était tout le sens de l’affaire, et avec une mémoire impeccable, officielle, il répéta les premières lignes du manifeste… « Et le désir qui fait le seul et unique but de l’empereur, est d’introduire la paix en Europe, sur des bases solides, — l’ont décidé à faire passer maintenant une partie de l’armée à l’étranger, et pour atteindre son but, à faire de nouveaux efforts. » Voilà pourquoi, monsieur, conclut-il, en vidant son verre de vin et en sollicitant du regard l’approbation du comte.

Connaissez-vous le proverbe : « Erema, Erema, reste chez toi et veille à tes fuseaux, » dit Chinchine, les sourcils froncés et en souriant. — Cela nous convient à merveille. Même Souvorov, même celui-ci a été battu à plate couture, et maintenant où sont chez nous les Souvorov ? Je vous demande un peu, — dit-il, sautant toujours de la langue russe à la langue française.

— Nous devons nous battre jusqu’à la dernière goutte de notre sang, — dit le colonel en frappant sur la table, — et mourir pour notre empereur, et alors tout sera bien. Et raisonner le moins possible (il traîna surtout sur le mot possible), — n’est-ce pas, — dit-il, s’adressant au comte. — Voilà comment nous jugeons, nous les vieux hussards. Et vous, les jeunes gens, le jeune hussard, comment jugez-vous ? — ajouta-t-il en s’adressant à Ni-