Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/221

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— Et les mêmes heures, les mêmes promenades dans les allées ? Et le tour ? demanda le prince André, avec un sourire imperceptible, qui montrait que malgré tout son amour et son respect pour son père, il sentait sa faiblesse.

— Les mêmes heures, et le tour, et encore la mathématique et mes leçons de géométrie — répondit gaiement la princesse Marie, comme si ces leçons de géométrie étaient une des plus joyeuses choses de sa vie.

Quand les vingt minutes, jusqu’au réveil du vieux prince, furent écoulées, Tikhone vint appeler le jeune prince chez son père. En l’honneur de l’arrivée de son fils, le vieux avait un peu changé ses habitudes. Il ordonna de l’introduire dans sa chambre pendant qu’il ferait sa toilette avant le dîner.

Le prince s’habillait à l’ancienne mode, en cafetan, et se poudrait. Au moment où le prince André (non pas avec cette expression dédaigneuse et maniérée qu’il s’imposait dans les salons, mais avec le visage éclairé qu’il avait en causant avec Pierre) entrait chez son père, le vieux, dans son cabinet de toilette, était assis dans un large fauteuil de maroquin, et recouvert du manteau à poudre, il abandonnait sa tête aux mains de Tikhone.

— Eh ! guerrier ! tu veux vaincre Bonaparte ! dit le vieillard en secouant sa tête poudrée autant que le lui permettait la tresse que tenait Tikhone. — Oui,