Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/354

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presqu’exclusivement de diplomates, visiblement ne s’intéressait point à la guerre et à la politique, mais à ce qui était du haut monde, des relations avec quelques femmes et au côté administratif du service. Avec un empressement évident ces messieurs acceptèrent dans leur cercle, comme un des leurs, le prince André (honneur dont ils n’étaient pas prodigues). Par politesse et comme entrée en conversation, on lui posa quelques questions sur l’armée, sur la bataille ; mais bientôt la conversation déviait en plaisanteries amusantes et en potins sans suite.

— Mais ce qui est bien surtout, — fit l’un, en racontant l’insuccès d’un de ses camarades diplomates — ce qui est bien, c’est que le grand chancelier lui a dit tout carrément que sa nomination à Londres est une promotion et qu’il doit la considérer ainsi. Vous voyez sa tête !

— Mais ce qu’il y a de pire, messieurs, je trahis Kouraguine : l’homme est dans le malheur et le Don Juan en profite : Ô homme terrible !

Le prince Hippolyte s’était assis dans un voltaire, les jambes posées sur les bras du fauteuil. Il rit.

Parlez-moi de ça — dit-il.

— Oh Don Juan ! Oh serpent ! firent plusieurs voix.

— Vous ne savez pas, Bolkonskï — Bilibine s’adressa au prince André — que toutes les horreurs