Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/135

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— Denissov, ne plaisante pas sur ce sujet, — cria Rostov. — C’est un sentiment si grand, si noble ?…

— Je te c’ois, je te c’ois ! Moi aussi je le pa’tage, l’app’ouve…

— Non, tu ne comprends pas ! Et Rostov se leva et se mit à errer entre les bûchers en rêvant au bonheur de mourir, non pour sauver la vie de l’empereur (il n’osait même y songer), mais tout simplement pour mourir sous ses yeux.

En effet, il était amoureux de l’empereur et de la gloire des armes russes et de l’espoir du triomphe futur. Et il n’était pas le seul à éprouver ce sentiment en ce jour mémorable qui précéda la bataille d’Austerlitz. Les neuf dixièmes des soldats et des officiers russes d’alors étaient amoureux, bien que moins enthousiastes, de leur empereur et de la gloire des armes russes.