Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/137

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’armée française avec le prince Dolgoroukov.

On disait que Savary était venu afin de proposer à l’empereur Alexandre une entrevue avec Napoléon. À la joie de toute l’armée et à son orgueil, l’entrevue était refusée. Et au lieu de l’empereur, c’était le prince Dolgoroukov, le vainqueur de Vischau, qui était envoyé avec Savary pour s’entretenir avec Napoléon afin de savoir si ces pourparlers, contre tout espoir, avaient pour but le désir réel de la paix.

Le soir, à son retour, Dolgoroukov se rendit directement chez l’empereur et resta longtemps en tête-à-tête avec lui.

Les 18 et 19 novembre, les troupes firent encore deux marches en avant, et, après une légère escarmouche, les avant-postes de l’ennemi reculèrent. Dans les sphères supérieures de l’armée, le 19, vers midi, se produisit une agitation très vive qui dura jusqu’au lendemain matin 20 novembre, date de la mémorable bataille d’Austerlitz. Le 19, jusqu’à midi, le mouvement, les conversations animées, l’allée et venue des aides de camp, se limitaient au seul quartier général des empereurs ; l’après-midi du même jour, le mouvement se transmettait au quartier général de Koutouzov et dans les états-majors des chefs de colonnes. Le soir, par les ordres portés par les aides de camp, ce mouvement se répandait dans toute l’armée, et dans la nuit du 19 au 20, se soulevait, houlait,