Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/219

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frances horribles que lui causaient l’installation sur le brancard, les secousses pendant le transport, l’examen des blessures à l’ambulance. Il ne s’éveilla qu’à la fin de la journée, quand on l’emmena rejoindre à l’hôpital les autres officiers russes blessés et prisonniers. Pendant ce transport, il se sentait un peu mieux et pouvait regarder et même parler.

Les premières paroles qu’il entendit en s’éveillant furent celles de l’officier français du convoi, qui disait hâtivement :

— Il faut s’arrêter ici : l’empereur passera tout de suite, ça lui fera plaisir de voir messieurs les prisonniers.

— Aujourd’hui, il y a tant de prisonniers, presque toute l’armée russe, que probablement ça l’ennuie déjà, — dit un autre officier.

— Mais cependant ! On dit que celui-ci est le commandant de la garde de l’Empereur, — reprit le premier en désignant un officier blessé, en uniforme blanc de chevalier-garde.

Bolkonskï reconnut le prince Repnine qu’il avait rencontré dans le monde à Pétersbourg.

À côté de lui se trouvait un garçon de dix-neuf ans, aussi un chevalier-garde blessé.

Bonaparte, qui arrivait au galop, arrêta son cheval.

— Qui a le plus haut grade ? demanda-t-il en voyant les prisonniers.