Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/286

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— Marie… dit-elle en se reculant du rouet, donne ta main ici. Elle prit la main de la princesse et la posa sur son ventre. Ses yeux souriaient, sa petite lèvre velue se soulevait et restait ainsi avec une expression enfantine et heureuse. La princesse Marie tomba à genoux devant sa belle-sœur et cacha son visage dans les plis de sa robe.

— Voilà, voilà, tu entends ! Ça me fait si étrange… Et tu sais, Marie, je l’aimerai beaucoup, — dit Lise en regardant sa belle-sœur avec des yeux brillants et heureux.

La princesse Marie ne pouvait lever la tête, elle pleurait.

— Qu’as-tu, Macha ?

— Rien… Comme ça, je suis devenue triste… triste, à cause d’André, — dit-elle en essuyant ses larmes aux genoux de sa belle-sœur.

Plusieurs fois dans la matinée, la princesse Marie commençait à préparer sa belle-sœur, et chaque fois se mettait à pleurer. Ces larmes, dont la petite princesse ne comprenait pas la cause, la troublaient. Elle ne disait rien et regardait autour d’elle, inquiète, comme pour chercher quelque chose. Avant le dîner le vieux prince, qu’elle craignait toujours, entra dans sa chambre. Il avait un visage méchant, particulièrement troublé, et repartit sans dire un mot. Elle regarda la princesse Marie, puis devint pensive, avec cette expres-