Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/398

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



VIII

La guerre s’avivait et son théâtre se rapprochait de la frontière russe.

Partout s’élevaient des malédictions contre l’ennemi du genre humain, Bonaparte. Dans les villages on recrutait des soldats, et du théâtre de la guerre arrivaient des nouvelles diverses, comme toujours mensongères, et par suite interprétées différemment.

La vie du vieux prince Bolkonski, du prince André et de la princesse Marie avait beaucoup changé depuis 1805.

En 1806, le vieux prince était nommé l’un des huit généraux en chef des milices formées alors dans toute la Russie. Le vieux prince, malgré la faiblesse due à son grand âge, et qui s’était accentuée durant tout le temps qu’il avait cru son fils tué, jugea qu’il serait contraire à son devoir de refuser une fonction à laquelle l’appelait l’em-