Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/47

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tout mademoiselle Bourienne. Elle passait avec elle ses journées, la faisait coucher dans sa chambre et souvent, lui parlait de son beau-père et le critiquait.

Il nous arrive du monde, mon prince, — dit mademoiselle Bourienne en dépliant de ses petites mains rosées, la serviette blanche. — Son Excellence le prince Kouraguine avec son fils, à ce que j’ai entendu dire ? — demanda-t-elle interrogativement.

— Hum… cette excellence, c’est un gamin… C’est moi qui l’ai mis au collège, — dit le prince d’un ton blessé. — Et pourquoi le fils ? Je ne puis le comprendre. La princesse Lisaveta Karlovna et la princesse Marie le savent peut-être ; moi je ne sais pas pourquoi il amène son fils ; pour moi c’est tout à fait inutile.

Et il regardait sa fille rougissante.

— Es-tu malade ? C’est peut-être la peur du ministre ? comme a dit aujourd’hui cet imbécile d’Alpatitch.

— Non, mon père.

Bien que mademoiselle Bourienne n’eût pas eu la main heureuse pour choisir son sujet de conversation, elle ne s’arrêta pas et bavarda sur les serres, la beauté des nouvelles plantes, et le prince, après la soupe, s’adoucit un peu.

Après le dîner, il se rendit chez sa belle-fille.

La petite princesse était assise devant la petite