Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/48

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table et bavardait avec Macha, sa femme de chambre. Elle pâlit en apercevant son beau-père.

La petite princesse avait beaucoup changé.

Maintenant elle était plutôt laide que jolie. Ses joues retombaient, sa lèvre était plus relevée, ses yeux étaient cernés.

— Oui, une fatigue quelconque, répondit-elle à la question du prince sur sa santé.

— Ne vous faut-il rien ?

— Non, merci, mon père.

— Allons, bien, bien.

Il sortit et vint à l’office. Alpatitch, la tête basse, s’y trouvait.

— La route est-elle recouverte ?

— Oui, Votre Excellence. Pardonnez-moi au nom de Dieu, c’est par bêtise seule…

Le prince l’interrompit et rit de son rire forcé.

— C’est bon, c’est bon. Il tendit sa main qu’Alpatitch baisa et il passa dans son cabinet.

Le prince Vassili arriva le soir. Les cochers et les gens de la maison le rencontrèrent dans l’avenue et menèrent ses chariots et son traîneau vers le pavillon, par la route exprès recouverte de neige.

Des chambres étaient préparées pour le prince Vassili et Anatole.

Anatole, dévêtu, les mains sur les hanches, était assis devant la table ; en souriant il fixait distraitement ses beaux et grands yeux sur le coin de