Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/500

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XXI

Sur la place où était l’empereur se tenaient face à face, à droite le bataillon des Préobrajensky, à gauche celui de la garde française en bonnet à poil.

Pendant que l’empereur s’approchait du flanc d’un bataillon qui présentait les armes, au flanc opposé accourait une foule à cheval et devant elle Rostov reconnut Napoléon. Ce ne pouvait être un autre. Il allait au galop, en petit chapeau, la décoration d’André en travers de l’épaule, en uniforme bleu ouvert sur un gilet blanc. Il montait un cheval arabe gris pommelé d’une race merveilleuse, sur une selle bleue brodée d’or. En s’approchant d’Alexandre il souleva son chapeau, et à ce mouvement l’œil exercé de Rostov ne put pas ne pas remarquer que Napoléon se tenait mal et peu ferme sur le cheval. Le bataillon criait : « Hourra ! » et « Vive l’Empereur ! » Napoléon dit quelque chose à Alexandre. Les deux empereurs descen-