Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/65

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marche et moi je suis attaché… À quoi suis-je attaché, papa ? demanda en riant Anatole.

— Il sert bien, bien. « A quoi suis-je attaché ? » Ah ! ah ! ah !

Le prince Nicolas Andréiévitch riait, Anatole rit encore plus haut. Tout à coup le prince Nicolas Andréiévitch fronça les sourcils. — Eh bien, va dit-il à Anatole. Anatole, avec un sourire, s’approcha de nouveau des dames.

— Tu les as élevés là-bas, à l’étranger, prince Vassili, hein ? fit le vieux prince au prince Vassili.

— J’ai fait tout ce que j’ai pu et je vous dirai que l’éducation là-bas est de beaucoup meilleure que la nôtre.

— Oui, aujourd’hui, c’est entendu, tout à la nouvelle mode. Un brave garçon, un brave ! Eh bien ! Allons chez moi. — Il prit le prince Vassili sous le bras et l’emmena dans son cabinet.

Dès qu’ils furent en tête-à-tête, le prince Vassili déclara au vieux prince ses désirs et ses espérances.

— Qu’en penses-tu ? — fit méchamment le vieux prince. — Penses-tu que je la tienne, que je ne m’en puisse pas séparer ? on se l’imagine — ajouta-t-il avec colère. — Pour moi, dès demain !… Seulement, je te dirai que je veux connaître mieux mon gendre. Tu sais mes principes : tout à découvert. Demain, devant toi, je lui demanderai si elle veut ;