Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/173

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que cette opinion est exprimée clairement, quelle qu’elle soit, la souffrance cesse.

Était-elle assez charmante, Sonitchka Valakhina, quand elle dansait vis-à-vis de moi le quadrille français, avec le jeune prince si gauche ! Comme elle souriait gentiment, quand dans « la chaîne » elle me tendait la main ! Avec quelle grâce, sautaient en mesure, sur sa tête, ses boucles châtain, avec quel charme, elle faisait avec ses petits pieds : jeté assemblé ! À la cinquième figure, quand ma danseuse traversa et resta de l’autre côté, et que moi, attendant la mesure, je faisais cavalier seul, Sonitchka fronça gravement ses petites lèvres et regarda de côté ; mais elle craignait en vain pour moi : je fis hardiment chassé en avant, chassé en arrière, glissade, et pendant que je m’approchais d’elle, je lui montrai gaîment le gant duquel sortaient deux de mes doigts. Elle éclata de rire, et ses petits pieds glissèrent encore plus gracieusement sur le parquet. Je me souviens encore, qu’en faisant le rond et nous prenant tous par la main, elle pencha la tête, et sans sortir sa main de la mienne, frotta de son gant le petit bout de son nez. Tout cela est encore devant mes yeux, j’entends encore le quadrille « La Sirène du Danube » aux sons duquel ces choses se passaient.

Puis vint la deuxième contredanse, que je dansai avec Sonitchka. Me trouvant tout à côté d’elle, je me sentis extraordinairement embarrassé et je ne