Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/186

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XXIV


AU LIT


« Comment ai-je pu aimer si longtemps et si passionnément Serioja ? » pensai-je, une fois au lit. « Non ! il ne m’a jamais compris, il ne pouvait m’apprécier, il ne méritait pas mon amour… Et Sonitchka ! comme elle est délicieuse ! « Veux-tu ? À toi de commencer. »

Je bondis à quatre pattes, et me représentant vivement sa petite figure, je me couvris la tête avec ma couverture et m’en enveloppai entièrement sans laisser la moindre ouverture et alors, je m’allongeai ; je sentis une chaleur agréable et me perdis dans de doux rêves et de doux souvenirs. Les regards fixés sur la doublure du couvre-pied ouaté, je la vis aussi clairement que je la voyais une heure auparavant. En pensée, je causais avec elle, et cette conversation, bien que dépourvue de