Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/192

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huit, quinze ; et surtout je m’apercevais que je me trompais et ne pouvais absolument pas corriger. À la fin, Mimi est venue à mon secours, et, presque de force, elle me mit au lit. Voilà, mon ami, en détails, comment je suis tombée malade, et comment j’en suis moi-même coupable. Le lendemain j’eus une assez forte fièvre et on fit appeler notre bon vieux Ivan Vasilievitch, depuis il est à la maison et promet de me laisser sortir bientôt. Quel excellent vieillard que cet Ivan Vasilievitch ! Tout le temps que j’ai eu la fièvre et le délire, il est resté près de moi toute la nuit, sans fermer l’œil, et maintenant, comme il sait que j’écris, il est avec les fillettes dans le divan, et de ma chambre j’entends qu’il leur raconte des contes allemands, et qu’elles l’écoutent en riant aux éclats.

» La belle Flamande, comme tu l’appelles, est ici depuis deux semaines, parce que sa mère est partie quelque part en visite, et par ses soins, elle me témoigne le plus sincère dévouement. Elle m’a confié tous ses sentiments intimes. Avec son joli visage, son bon cœur et sa jeunesse, elle pourrait être une bonne fille sous tous les rapports si seulement elle était en de bonnes mains, mais dans la société où elle vit, à en juger par ses récits, elle se perdra tout à fait. Il m’est venu en tête que si moi-même je n’avais pas tant d’enfants, je ferais une bonne œuvre en la prenant chez nous.

» Lubotchka voulait t’écrire elle-même mais elle