Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/194

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intérêts des enfants, que je dois défendre, viendront en conflit avec les nôtres. Jusqu’ici Dieu a écouté ma prière : tu n’as pas franchi une seule des limites au-delà desquelles nous devrions sacrifier une fortune qui n’est pas à nous, mais à nos enfants ; oui, c’est même terrible d’y penser, mais ce malheur affreux nous menace toujours. Oui, c’est une lourde croix que le Seigneur nous a donnée à tous deux.

» Tu m’écris aussi sur les enfants, et tu reviens à notre vieille discussion. Tu me demandes de consentir à ce qu’on les mette dans une maison d’éducation. Tu connais mes préventions contre ce système…

» Je ne sais, cher ami, si tu seras de mon avis, mais en tous cas, je t’en supplie, pour l’amour de moi, donne-moi la promesse, moi vivante et après ma mort, s’il plaît à Dieu de nous séparer, que cela ne sera jamais.

» Tu m’écris qu’il te sera nécessaire d’aller à Pétersbourg pour nos affaires. Le Christ soit avec toi, mon ami, et reviens au plus tôt. Nous tous, nous ennuyons tant sans toi ! Le printemps est merveilleux : on a déjà enlevé la porte du balcon, le petit chemin qui mène à l’orangerie est tout à fait sec depuis quatre jours. Les pêchers sont tout en fleurs, la neige ne se montre qu’en de rares places, les hirondelles sont revenues, et Lubotchka m’a apporté aujourd’hui les premières fleurs du prin-