Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/135

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La doctrine du Christ fut jadis, comme elle l’est maintenant, contraire à la doctrine du monde.

D’apres celle-ci les gouvernants dirigent les peuples, et, pour cela, ils forcent les uns à tuer, à exécuter, à punir les autres. Ils les obligent à jurer qu’en toutes choses ils exécuteront la volonté des chefs. Or, selon la doctrine du Christ, non seulement l’homme ne peut pas tuer ni exercer une violence quelconque, il ne peut même pas s’opposer par la force à la violence. Il ne peut pas faire de mal à son prochain, même à ses ennemis.

La doctrine du monde fut, est, et sera toujours contraire à la doctrine du Christ. Christ savait cela, il le disait à ses disciples ; il leur prédisait qu’ils auraient à souffrir comme lui-même, qu’ils seraient livrés au martyre et à la mort ; que le monde les haïrait comme il le haïssait, parce qu’ils ne sont pas les serviteurs du monde mais les serviteurs du Père.

Nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs, et aux scribes, et ils le condamneront à la mort.

Alors ils vous livreront pour être tourmentés, et ils vous feront mourir ; et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. (Matth., xx, 18 ; xxiv, 9.)

Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde mais que je vous ai choisis dans le monde, c’est pour cela que le monde vous haït.

Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite, que le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils