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L’EXODE

V


Au début de février, il devint évident qu’on ne pouvait plus soutenir la dépense du loyer. Attendre la fin de la guerre eût épuisé les économies : il fallait agir immédiatement.

Philippe écrivit à M. Forestier, espérant trouver à Tours une position de journaliste.

Bernard déconseilla le voyage. Les Français, engagés à mort dans la guerre, n’avaient pas le temps, comme les Anglais, de s’occuper des réfugiés.

Toutefois, ils se montraient aimables aux Belges, et rien n’était plus touchant que d’entendre les vainqueurs de la Marne vanter l’héroïsme de nos soldats. Mais la vie était onéreuse, et chacun avait une pleine charge de soucis.

D’autre part, Sauvelain pensait à quitter la Hollande. On le recommandait à un amateur londonien : « Il vaut donc mieux », écrivait-il, « que vous restiez en Angleterre. Qui sait ? Peut-être aurons-nous bientôt l’occasion de nous revoir. »

Cette espérance ne devait point se réaliser. Il se trouva que l’amateur londonien partit pour l’Amérique ; et, à défaut d’un mécène assuré, Frédéric préféra s’en tenir aux amateurs de la Hollande.

Comme les Van Weert se plaisaient à Smokefield, la ville fumeuse où le Dr Claveaux les avait précédés, ils