Page:Tremblay - L'hôpital public d'Ottawa, 1921.djvu/17

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Le merveilleux de l’histoire, c’est que, pendant la querelle, Monsieur Bébé ne donna pas signe de vie. Il attendit sagement le départ du policier, puis pleura consciencieusement sur la stupidité des hommes.

Oinq ans à peine après la fondation, l’hôpital prend une telle expansion que le petit local devient tout à fait insuffisant. Les demandes d’admission pleuvent de partout, et il faut agrandir si l’on ne veut pas laisser souffrir les miséreux — et les sœurs ne tolèrent même pas la pensée d’abandonner les malades. Mgr Guigues, évêque du diocèse d’Ottawa depuis 1847, partage l’avis des religieuses, et pour donner corps à ses désirs de pasteur, il acquiert le bâtiment des immigrés et l’offre à l’hôpital, avec les dépendances qui ont servi pendant l’épidémie. Le premier recevra le couvent, les salles privées des vieillards, des invalides et des orphelins, et les chambres des malades. Les dépendances, ré-aménagées, abriteront l’hôpital public. L’emplacement de ces constructions anciennes est aujourd’hui occupé par la maison-mère des Sœurs Grises, et par les écuries de la cour. Avant le déménagement, la population du petit hôpital de la rue Saint-Patrice comprenait :

Invalides pauvres 21
Orphelins 9
Orphelins entretenus aux frais du public. 12
Enfants trouvés 2
Malades de passage (payants) 38
Malades de passage (gratuits) 7
Malades soignés à domicile aux frais des sœurs 298
________
Total 387

Six ans après, en 1856, Mgr d’Ottawa donne $500 à l’hôpital pour acheter les premiers instruments de chirurgie. Le nombre des patients s’est accru dans des proportions inimaginées. En 1860, 1 hôpital est à l’étroit tout autant qu’il l’était dix ans plus tôt, II abrite vingt vieillards invalides, six orphelins, et cent soixante malades dans les salles. Il faut de nouveau songer au lendemain, assurer l’abri aux souffrants qui viendront. Les difficultés du projet n’effraient pas les hospitalières et leurs com-