Page:Tsubouchi - Ourashima.djvu/12

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et finit par atteindre un palais dont l’architecture étrange imitait des écailles de poisson. Près de la porte était un luxuriant katsoura (cercidiphyllum japonicum) ; il y grimpa, et s’assit sur la plus haute branche. À côté se trouvait un puits ; et quand les servantes de la princesse, portant des vases précieux, y vinrent tirer de l’eau, elles aperçurent le beau jeune homme. Leur maîtresse, à son tour, sortit pour le voir, et bientôt ramena son père. Le dieu de l’Océan offrit l’hospitalité au prince divin, puis lui donna sa fille. Mais une nuit, après trois ans de bonheur, Ho-wori poussa un profond soupir ; et, le lendemain, interrogé, il raconta enfin l’histoire de l’hameçon perdu. Le dieu de l’Océan, ayant convoqué tous les poissons, retrouva l’engin dans le gosier de la Femme-rouge (une sorte de dorade). Puis, il octroya au jeune prince deux talismans, le joyau qui fait monter les eaux et celui qui les fait descendre, lui enseignant les moyens de s’en servir pour se venger de son frère. Enfin, il l’installa sur la tête d’un crocodile, qui le reconduisit au monde supérieur. À son tour, la princesse marine, devenue enceinte, s’éleva jusqu’à la limite des vagues pour y donner le jour au fils du prince, dans une hutte couverte en plumes de cormoran. Par malheur, Ho-wori l’ayant regardée au moment de sa délivrance, malgré la défense qu’elle lui en avait faite, elle lui apparut alors sous l’aspect de monstre marin qui était sa forme native ; et tandis qu’il s’en-