Page:Tsubouchi - Ourashima.djvu/16

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emporte avec toi cette boîte à peignes (koushighé) ; et surtout, aie bien soin de ne jamais l’ouvrir ! » Il promit, et retourna à Souminoyé. Mais lorsqu’il regarda l’endroit de sa maison, il ne vit point sa maison ; et lorsqu’il regarda l’endroit de son village, il ne vit plus son village. Tout étonné, il se demandait comment, en un bref espace de trois années, les huttes et jusqu’aux haies avaient ainsi disparu. Alors il pensa que, s’il ouvrait la précieuse boîte, peut-être pourrait-il revoir son lieu natal. Mais comme il soulevait légèrement le couvercle, un blanc nuage sortit, qui, se répandant en longue traînée, s’envola vers le Pays éternel. Le malheureux courut, cria, agita ses manches, se démena, trépigna. Soudain, le cœur lui manqua ; son jeune corps se rida ; sa noire chevelure blanchit ; peu à peu, sa respiration devint plus faible ; jusqu’à ce qu’enfin, sa vie même l’abandonnant, il expira. Et le poète, contemplant avec tristesse l’emplacement où fut la maison d’Ourashima de Midzounoyé, termine par cet envoi : « Au Pays immortel serait encore son séjour, s’il avait été d’un caractère moins léger, ce jeune homme ceint du sabre ! »

Ho-wori, lui aussi, était descendu au palais du dieu des Mers, avait épousé sa fille, et pareillement, au bout de trois années, soupirant après son pays, était remonté au monde supérieur. Ce qui distingue de ce mythe fondamental la légende d’Ourashima, c’est seulement le fait que ce dernier, revenu sur la terre, se trouve avoir passé,