Page:Tsubouchi - Ourashima.djvu/49

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lant vers la mer. Le tableau change en partie : les bateaux elles pins semblent s’éloigner et disparaître derrière un rideau d’obscurité. La plage occupe maintenant toute la scène. Au milieu s’élèvent deux ou trois grands rochers. Au fond, à perte de vue, l’océan. On entend toujours, venant du large, le bruit des vagues. Ourashima regarde la mer avec admiration.)

ourashima

Lorsque la mer est calme, un petit enfant y pourrait dormir sur une planche. Lorsque la tempête l’agite, le les étoiles du firmament tremblent.


le chant

L'Océan bleu qui s’étend sans limites et sans bornes est le cimetière de la nature.


ourashima

Non seulement celui des hommes et des animaux, mais celui des rivières et des montagnes aussi, lorsqu'elles s’effondrent et s’écroulent.


le chant

Toutes les choses visibles se fondent en toi, ô énigme inexplicable ! ô mer !


ourashima

Cité miraculeuse de la mort ! Recevez donc aussi cette goutte d’eau dans votre sein.

(En chancelant, il se met à marcher de nouveau vers la mer, mais tout à coup il s’arrête, souriant tristement, et il parle.)