Page:Tsubouchi - Ourashima.djvu/50

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C’est la mer qui m’a élevé et je suis semblable aux poissons ; je nage aussi bien qu’eux ; comment pourrais-je me noyer ? Alors, que faire ?

(Il reste anxieux, puis un moment après.)

Ah ! je me souviens…

(Il se lève lentement et prend une petite lame tranchante dans le panier jeté à terre.)

le chant

Mon âme rentrera au Creuset de la Grande Nature qui l’y a forgée. Je rendrai mon âme à la nature, insaisissable, et qui n’est qu’illusion.

(Au moment où il va s’enfoncer le couteau dans la gorge, une jeune fille surgit de derrière les rochers. Elle court à Ourashima et arrête sa main.)
(Cette jeune fille est vêtue comme une simple paysanne, mais son visage a l’éclat d’une pierre précieuse. Âgée à peu près de dix-sept ans, elle a des cheveux noirs noués de chaque côté du front où ils forment deux boucles. Bien que retenus par un petit peigne, ils sont légèrement échevelés par le vent de la mer. Ses manches aussi flottent à la brise. Elle s’accroche au bras d’Ourashima et, baissant son visage, elle lève les yeux vers lui. Elle est fraîche et éclatante comme la pleine lune sortant des flots de l’Océan. Ourashima, étonné, la regarde.)

ourashima

Qui êtes-vous ?


la jeune fille

Calmez-vous, je ne suis pas un fantôme. Il n’y a rien de surnaturel en moi. Mon bateau a coulé au large pen-