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leurs éblouissantes flottent dans le firmament, entraînant au loin les regards des habitants de la mer.

Alors, j’ai désiré voir l’inconnu, visiter le monde des hommes, et, à l’automne, j’ai quitté le palais où les plantes marines ressemblent à des bijoux, et sous la forme d’une tortue, je suis montée à la surface des vagues. Mais, sans la permission de mon père.

(Pendant ce chant, les vêtements de la jeune fille glissent petit à petit et, à la fin, elle est vêtue d’un blanc éclatant. Sa robe d’une étoffe vaporeuse est toute couverte d’herbes aquatiques brodées d’or et d’argent. Le peigne qui retient sa chevelure resplendit tout à coup d’une lumière dorée. Un collier d’argent, de perles et d’écaillé étincelle sur sa poitrine. Des bracelets luisent à ses poignets. Ses cheveux se dénouent et tombent jusqu’à terre. Sa poitrine blanche comme une pierre précieuse et ses bras nacrés apparaissent sous de légères draperies que retiennent plusieurs bandelettes de brocart rouge et blanc. On dirait à la voir un long poisson blanc aux nageoires, aux écailles et à la queue d’or et d’argent. Elle donne une impression de pure fraîcheur ; c’est une divinité de la mer humide.)
(Elle danse, imitant les mouvements d’une tortue qui monte à la surface de l’eau, jusqu’au rivage et regarde le ciel et les montagnes.)

le chant

En ce moment, au ciel de l’ouest, brille une pierre précieuse, et bientôt des coulées de corail, des traînées d’or et d’argent coloreront le firmament… Alors, le bas des nuages disparaîtra dans la pourpre.

(Ourashima se lève et le couple règle harmonieusement sa danse.)