Page:Tsubouchi - Ourashima.djvu/56

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(À ce moment, le vêtement d’Ourashima glisse brusquement à terre. Il apparaît dans un costume blanc comme la neige. Ses cheveux retombent sur ses épaules. À son front luit un anneau d’or orné de joyaux. Ils entremêlent leurs danses, comme deux papillons ou deux poissons ailés. Cependant la scène s’assombrit et sur la mer flotte une lumière étrange, tantôt bleuâtre comme celle de l’éclair, tantôt blanche comme un rayon de lune.)

le chant

Toi et moi nous sommes deux vagues : l’une s’avance, l’autre se retire ; elles vont s’unir dans la mer. Nous sommes ensemble et nous ne nous séparerons jamais bien que ce monde doive finir.


le chant (pour la jeune fille)

Jamais nous ne nous séparerons. Suis-mois dans l’univers d’éternelle jeunesse.


le chant (pour Ourashima)

Conduis-moi, ô joie !


le chant (pour deux)

L’océan sans limite et sans borne sera débordé de notre joie ; les vagues de notre bonheur s’étendant sans fin toucheront le firmament.

(Tous deux dansent et se retirent petit à petit vers le fond de la scène. En même temps, le décor change lentement, et, au fond, sur la mer, paraît, vague comme un rêve, le palais de lamer, miraculeuse vision.)
(Le rideau se baisse. La musique et toujours le bruit des vagues continuent.)