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Alentour, s’entremêlant aux pins, d’autres cerisiers voilent le ciel de leurs branches fleuries.

À gauche, allant jusqu’au fond de la scène, une allée de cerisiers taillés en dôme s’ouvre sur la mer. Des gens la parcourent. De temps à autre, à l’horizon, passent des voiles…

La lune décline dans le ciel à l’ouest. À droite, en arrière du vieux cerisier, un grand « torii[1] » de pierre. De là, les marches de pierre montent progressivement sous les branches en fleurs.

De chaque côté des marches, de vieux arbres toujours verts et des cerisiers s’élèvent, et derrière leurs branches se détache le toit du temple shintoïste. L’on voit encore des montagnes, les unes toutes proches et les autres lointaines.

Au lever du rideau, cinq ou six couples de paysans, hommes et femmes, dansent, autour du vieux cerisier, au rythme du chant qui va suivre. D’autres paysans se reposent au pied des arbres ou sur le gazon, et s’amusent en buvant du saké.


le chant

À quel moment suis-je tombé amoureux de toi ? Je ne sais !
Tandis que l’oiseau sur la plage toujours chante,
Moi, à cause de toi, oh ! à cause de toi, toujours je pleure !


le chant

  Quelle joie de regarder les fleurs épanouies ;
  Autour d’elles, les papillons viennent danser
  Et les oiseaux viennent chanter ;
  Bien qu’on ne sache où les fleurs s’en iront…
  Où s’en iront les fleurs !

  1. La porte d’entrée au temple shintoïste.