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Au moment où la ville de Douai élève une statue à Marceline Desbordes-Valmore dont l’existence mouvementée et les malheurs sans nombre qu’elle a supportés avec une résignation toute chrétienne, ont fait de cette infortunée une martyre digne de compassion, nous croyons devoir, grâce à une communication qui nous a été faite, apporter quelque lumière sur un des évènements le plus ténébreux de sa vie.

Le distingué et savant bibliothécaire de la ville de Douai, M. Benjamin Rivière, officier d’académie, a publié récemment par souscription une petite partie de la correspondance de Marceline Desbordes.

M. Rivière a-t-il pris cette femme poète pour une Sévigné, une Maintenon ou une La Fayette ? Nous l’ignorons. A-t-il voulu aussi, en publiant ces deux volumes en faire une affaire de librairie ? Nous nous garderons bien de nous prononcer sur un sujet aussi délicat. Pour nous, cette publication intempestive malgré les éloges intéressés qui lui ont été prodigués par la camaraderie, et malgré plusieurs lettres admirables qu’elle contient, n’avait aucune raison d’être, car elle diminue Marceline au lieu de la rehausser.

En effet, presque toutes les lettres de Madame Desbordes roulent sur le même sujet, c’est-à-dire sur ses malheurs et sa misère, état de choses qui en rend la