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lecture fatigante et cause à la longue une impression de fastidieuse monotonie.

Or, comme cette femme de grand talent et de grand cœur a joué un certain rôle pendant la période romantique qui a produit Victor Hugo le plus grand poète du siècle et qu’elle a eu des rapports littéraires avec les écrivains les plus éminents de l’époque, nous pensions que le savant bibliothécaire, avec le flair qui le caractérise, se serait fait un devoir de publier une correspondance littéraire beaucoup plus importante au point de vue de l’histoire du romantisme que celle familiale et larmoyante dont il nous a gratifié jusqu’à satiété.

Il est vrai que pour donner au public une correspondance comme nous l’entendons et comme la conçoivent tous ceux qui s’occupent de l’histoire littéraire d’une époque, il fallait que l’érudit M. Rivière fît appel aux collectionneurs qui conservent précieusement les lettres de la muse douaisienne. Il fallait aussi, sans se rebuter, faire mille démarches, écrire aux amateurs et aux libraires marchands d’autographes. Aussi cette perspective ingrate et fatigante a peu tenté l’éditeur qui aime avant tout la tranquillité que lui procure sa grasse sinécure.

Il s’est dit : « À quoi bon ? J’ai sous la main la copie de cinq ou six cents lettres expurgées que le fils de Marceline a fait