Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/29

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Mais indépendamment des bénéfices réalisés par la colonie pour satisfaire aux besoins de la colonie, il en est d’autres qui ont été réalisés par des particuliers ; d’autres encore qui ont été employés pour des buts qui n’ont rien de commun avec le développement colonial du Congo.


Les Sociétés concessionnaires.


En ce qui concerne d’abord les bénéfices des particuliers, il est bon, messieurs, que l’on sache quels sont les profits retirés par certains, du régime que je viens de décrire.

Je prends deux sociétés concessionnaires, les plus typiques, celles qui ont la réputation la plus sinistre : la Société anversoise du commerce du Congo et l’Abir. Dans l’une et dans l’autre, l’État indépendant est intéressé pour la moitié des actions.

La Société anversoise du commence du Congo, de 1898 à 1903, a donné en moyenne à ses actionnaires un dividende annuel de 425 francs pour une action de 500 francs. C’était la société présidée par notre ancien collègue, M. de Browne de Tiège, que je regrette de ne plus voir à son banc. J’aurais pu lui demander, en effet, s’il prétendait encore, comme il y a deux ans, que les accusations portées contre lui étaient calomnieuses : depuis lors, en effet, l’État, sous la pression de l’opinion publique, a dû suspendre, pour quinze ans, l’exercice de la concession de la Compagnie anversoise.

Si nous passons maintenant à l’Abir, nous constatons que cette société fut constituée en 1892 au capital de 1 million, dont il ne fut versé que 232,000 francs.

Voici ce que sont devenues ces actions de si minime valeur : En 1900, elles rapportaient 1,100 francs de dividende et valaient 14,600 francs ; en 1899, 1,225 francs de dividende et valaient 17,950 francs ; en 1900, 2,100 francs de dividende, 25,250 francs ; en 1901, 900 francs de dividende, 14,550 francs ; en 1902,