Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/30

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850 francs de dividende, 13,400 francs ; en 1903, 1,200 francs de dividende, 15,800 francs.

Si vous voulez savoir maintenant quels sont les procédés employés pour se procurer de pareils profits, voici ce que dit le rapport de la commission : « Il n’a guère été contesté que dans les différents postes de Abir que nous avons visités, l’emprisonnement des femmes otages, l’assujettissement des chefs à des travaux serviles, les humiliations qui leur étaient infligées, la chicote donnée aux révoltés, les brutalités des noirs préposés au service des détenus fussent une règle habituellement suivie. »

Ajoutez-y les expéditions punitives, les incendies de villages, les massacres d’indigènes, les mains coupées par les sentinelles, soit aux cadavres, soit à des hommes qui étaient encore en vie, et vous connaîtrez les sources de la richesse des actionnaires et des administrateurs de l’Abir !

Évidemment, ces messieurs seraient personnellement incapables d’infliger à leurs semblables des tortures. Mais ils savaient ce qui se passait ; ils n’ignoraient pas les procédés mis en œuvre pour leur rapporter la fortune et ils ont trouvé que l’argent n’a pas d’odeur, pas même l’odeur de sang !

L’exemple, d’ailleurs, venait de haut. En effet, à côté des territoires exploités par les concessionnaires, nous avons cette création étonnante qui s’appelle le domaine de la Couronne.


Le Domaine de la Couronne.


Il y a quelques années, l’honorable M. Beernaert protestait avec une indignation, qui alors avait sa raison d’être, lorsqu’on accusait le Roi des Belges d’être mêlé à des entreprises de spéculation.

C’était le temps où Jérôme Becker pouvait écrire dans son livre sur La vie en Afrique, rendant compte