Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/32

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


n’ayant pas de documents officiels à sa disposition pour les déterminer, a dû se borner à des estimations ; mais, par deux procédés qui se contrôlent mutuellement, en tenant compte, d’une part, de l’étendue du domaine privé, dont on connaît la production en caoutchouc, et de l’étendue du domaine de la Couronne ; en tenant compte, d’autre part, de la quantité de caoutchouc exportée du Congo et de la proportion de 28 p. c. que le domaine de la Couronne représente dans la région caoutchoutière. M. Cattier en arrive à conclure que, depuis 1896, c’est-à-dire depuis sa fondation, le domaine de la Couronne a rapporté à son fondateur environ 70 millions de bénéfices. Je le répète, ce ne sont là que des évaluations ; il serait à désirer qu’elles soient plus précises ; il serait à désirer que le gouvernement puisse nous fournir des renseignements à ce sujet ; mais en tout cas, nous pouvons juger l’arbre, l’arbre à caoutchouc, d’après ses fruits, d’après les acquisitions qui ont été faites, par le domaine de la Couronne, en Belgique et ailleurs ; or, à cet égard, la liste que donne M. Cattier, dans son livre, est très instructive. Il constate, en effet, que le domaine de la Couronne a acheté, dans l’arrondissement de Bruxelles, des immeubles dont la valeur « à supposer », dit-il, que les actes soient sincères, est de 16,385,000 francs ; et, dans l’arrondissement d’Ostende, des immeubles dont la valeur totale s’élève à 1,903,000 francs, soit donc, rien que pour ces deux arrondissements — il n’a pas pu continuer l’enquête dans le reste du pays — un total de 18,289,000 francs. »

Je dois ajouter qu’il parait fort probable que l’énumération de M. Cattier est incomplète.

On dit — et je pense qu’on est fondé de dire — qu’à côté des immeubles inscrits au nom du domaine de la Couronne, il est un grand nombre d’immeubles, notamment aux environs de la porte de Namur, sur l’emplacement de la future Walhalla, ou bien encore dans le bloc de maisons qui se trouvent entre le boulevard du Régent et la rue de la Pépinière, il est, dis-je, un grand nombre d’immeubles qui sont inscrits au nom