Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/33

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de M. le baron Goffinet, intendant de la Liste civile, et qui ont été achetés avec l’argent du domaine de la couronne. De plus, il y a les propriétés de la Côte d’Azur, le « bien de famille » que le Roi possède sur la Riviera, le domaine du cap Ferrat, qui étaient inscrit d’abord au nom du domaine de la Couronne ; mais, le gouvernement français ayant déclaré que cette personne morale était inconnue en France, on a dû avoir recours à l’intervention obligeante d’un honorable professeur de notre faculté de médecine qui a bien voulu consentir à prêter son nom au Roi-Souverain. Je dis prêter son nom, je ne dis pas : prêter son concours.

Tout cela, messieurs, — immeubles de la Couronne, immeubles au nom de l’intendant de la liste civile et immeubles de la Côte d’Azur. — représente environ 35 millions.

Nous avons maintenant à nous demander quel usage a été fait des revenus de ces immeubles et quel est le but que l’on a poursuivi en constituant le domaine de la Couronne.

Je me garderai, messieurs, de dire que le but poursuivi était un but d’intérêt personnel ; je ne rabaisserai pas ce débat en disant que le souverain avait pour pensée dominante de s’enrichir lorsqu’il a constitué le domaine de la Couronne. Je suis convaincu, au contraire, qu’il poursuivait d’autres fins, qu’il associait la Belgique à des rêves de grandeur, qu’il se propose encore aujourd’hui de la faire profiter, quelque jour, des richesses qu’il accumule. Mais il n’en n’est pas moins vrai, et il sera facile d’établir, que l’existence du domaine de la Couronne a sur notre vie publique la plus déplorable influence.

Tout d’abord — M. Cattier le constate dans son livre — à côté des travaux somptuaires qui ont été exécutés avec l’argent du domaine, à côté d’institutions coloniales comme le musée de Tervueren, d’autres sommes on été affectées soit à payer des journalistes, soit à payer des journaux.