Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/37

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J’ai le droit de dire que la responsabilité du gouvernement actuel est engagée dans cette affaire du bureau de la presse, car aujourd’hui parmi ceux qui dirigent ce bureau, se trouve le fonctionnaire du ministre dès affaires étrangères auquel je viens faire allusion, et hier, à la tête de ce même bureau, se trouvait un juge, un magistrat du tribunal de première instance, qui peut-être nous eut condamnés pour calomnie si, en dehors de cette enceinte, nous avions dénoncé les faits que j’ai signalés tout à l’heure !


La résurrection du pouvoir personnel.


Les revenus du domaine de la Couronne ont favorisé dans notre pays la résurrection d’un pouvoir personnel, dont l’influence de domination et de corruption fausse le mécanisme de nos institutions parlementaires.

Je réponds qu’à côté des cadeaux que l’on nous fait, il y a les sacrifices que l’on nous demande.

On nous vante, par exemple, le cadeau de 5 millions qui a servi à construire cette arcade monumentale que les Chambres se refusaient à voter. On nous dit qu’à la mort du Roi d’autres avantages nous seront accordés ; mais on feint d’oublier qu’entre le souverain de l’État indépendant du Congo et le gouvernement belge, il n’existe en somme qu un système de prêtés-rendus : « Je vous paierai votre arcade, à condition que vous me donniez le tunnel de trois millions qui aboutit à mon palais de Laeken. Je vous donnerai des millions à ma mort, à condition que vous me laissez sans intérêts, les trente-un millions que la Belgique a avancés à l’État du Congo. Je vous donnerai, plus tard, le domaine de la couronne, à condition que le jour où vous annexerez le Congo, vous repreniez en même temps sa dette publique. Ce qui fait, qu’en réalité, bien loin d’y gagner, nous courons le risque d’y perdre et qu’en attendant, le souverain du Congo, qui est en même temps le roi des Belges, échappe