Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/46

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s’il disparaîtra par le fait des puissances étrangères ou bien par l’initiative de notre pays.


L’intervention des puissances.


Ne vous y trompez pas, l’opinion publique internationale est tous les jours plus irritée contre de tels excès. Ce n’est plus seulement le gouvernement anglais qui s’émeut, c’est en Amérique, en Italie, en France, que la protestation va toujours grandissant.

Il y a quelques jours, nous avons vu, dans les journaux, qu’on demandait la réunion d’une conférence internationale, qui aurait pour objet de mettre la Belgique en demeure de se prononcer sur l’annexion avec des garanties pour la protection des indigènes, et, en cas de refus, d’organiser pour le Congo un condominium international.

Eh bien, messieurs, je voudrais que pour mon pays, nous n’attendions pas que l’initiative soit prise par d’autres, pour réformer la situation qui existe sur le territoire congolais. Nous y avons un intérêt plus direct que d’autres, un intérêt moral, un intérêt politique, un intérêt financier. Intérêt moral, car il y va de notre bonne renommée ; intérêt financier, parce que je vous ai montré les conséquences éventuelles que pourrait avoir un jour l’annexion ; intérêt politique, enfin, car j’ai la conviction profonde que bien des faits qui se sont produits dans ces derniers temps en Belgique, ne se seraient pas produits, si l’absolutisme congolais n’avait pas réagi sur le constitutionnalisme belge.

Et j’ajoute qu’au point de vue de nos relations internationales, nous ne pouvons voir sans inquiétude s’annoncer des événements comme ceux du Barh-El-Gazal, qui n’engagent certes que l’Angleterre et l’État du Congo, mais qui sont néanmoins de nature à nous mettre dans une situation difficile vis-à-vis d’une des puissances garantes de notre neutralité.