Page:Variétés Tome II.djvu/140

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courtisans et gens d’espée19. Mais j’eusse esté bien marry qu’on luy eusse faict tort, car j’ay eu beaucoup de son argent. Dieu luy donne bonne vie et longue ! Si ce malheur ne luy fut arrivé, j’aurois à ceste heure pour payer un certain papelard, nommé le notaire Rossignol, qui demeure en la rue S.-Anthoine, à qui nous devons quelque somme d’argent. Il seroit content d’avaler toute la marée ; il nous envoye presque tous les jours demander le meilleur poisson que nous avons, et ce, en tesmoignage du delay que nous faisons à le payer. C’est un estrange personnage. Je ne sçay ce qu’il veut faire de ses escus. Il se laisseroit volontiers mourir auprès, tant il est avare, chiche et vilain.

Veritablement, le bien de l’eglise est fort mal employé : jamais une fille ne se doit rendre religieuse pour laisser ses moyens à telles gens. Son gendre est plus honneste homme ; il a une meilleure ame et meilleure conscience ; personne des officiers de l’artillerie ne se plainct de luy.

— Quoy ! respondit une jeune poissonnière du cimetière S. Jean, le mary de laquelle est un des officiers. Vrayement, vous dites bien ! Vous ne cognoissez pas le disciple : luy et son commis Aubert20 sont


19. Feydeau avoit marié sa fille au comte de Lude. (La Voix publique au roi, ibid.)

20. Sans doute le même qui étoit encore dans les finances en 1649, et dont il est dit, à la page 3 du Catalogue des partisans, etc., in-4, qu’il avoit été non seulement commis, mais lacquais.