Page:Variétés Tome II.djvu/171

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


toutesfois n’y avons sceu tenir telle main que, par longue traicte de temps, les opinions de nos subjects ne se soient trouvées fluctuantes, pour l’incertitude qu’ils disoient avoir par faute de bonnes ordon-


on à bonne et juste raison dire, selon le vieux proverbe françois, que j’y ai bien planté mes seaux ; conséquemment que c’est à moy au quel appartient ce grand estat de chancelier. D’un aultre costé, si vous considerez le sujet et de quelle vivacité j’ay enfourné le faict des dames, il n’y a homme de jugement qui ne me declare digne d’estre leur grand escuyer. » Pasquier ajoute toutefois qu’il se pourra qu’on lui refuse ce dernier titre, « pour quelque impuissance, dit-il, que jugez assez mal à propos estre en moy, par un argument superficiel, c’est-à-dire d’un visage blesme, d’une delicatesse de membres, d’une calotte qui me faict bonne compagnie… Je me conformerai donc en cecy, non à vostre commandement, mais bien au privilége commun des roys et princes, lesquels, pour estre les premiers ordinateurs de leurs loix, se donnent loy de n’y obeyr. » La Croix du Maine (Biblioth. franç., au mot Est. Pasquier) n’oublie pas de mettre cette pièce gaillarde au nombre des ouvrages du grave magistrat. Il l’indique ainsi : « Les ordonnances d’amour, imprimées au Mans et en autres lieux, sous noms dissimulés, le 26e arrêt d’amour. » La Monnoye, dans une note sur ce passage (édit. de Rigoley de Juvigny, t. 1, 185–187), déclare ne pas savoir ce que La Croix du Maine entend par ce 26e arrêt d’amour. « Je ne puis même, dit-il, deviner ce que c’est, n’y ayant en cela nulle allusion aux anciens arrêts d’amour de Martial d’Auvergne, les quels excèdent de beaucoup le nombre de vingt-cinq. » Quant à l’édition du Mans dont parle l’auteur de la Bibliothèque françoise, ce doit être, d’après M. Brunet (Manuel du Libraire, 3, 644), et d’après M. Feugère (Essai sur la vie et les ouvrages d’Estienne Pasquier, p. 208), la même que celle dont voici le titre :