Page:Variétés Tome II.djvu/285

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toire encores non seulement des plaidans, mais de toute sorte de gens qui vont à pied, bottez et non bottez, appuyez sur baguettes et non baguettez, qui sont tousjours en cervelle pour se garder, non des charrettes ferrées, mais bien des carrosses, tousjours courant comme si la foire estoit sur le pont. Que j’ay plusieurs fois desiré d’introduire en France cette gravité de marcher des carrosses de Rome, lesquels, au moindre signal du carrossier d’un cardinal, font alte ! Et à Paris à peine s’arreste-on pour le carrosse du roy. Ô ! que les gondoliers de Venise sont bien heureux, qui, ayant mené leurs seigneurs Pantalons chez eux (gens qui ne veulent point entretenir des animaux qui mangent leur bien cependant qu’eux dorment), les gonfalins, dis-je, ne font qu’attacher leurs esquifs, et puis bassa la man ! Non pas en ce païs, où il y a plus d’affaires à atteller et harnacher un carrosse qu’à Venise de construire un vaisseau ou d’armer une galère.

Allegret. De quoy vas-tu, Chagrin, emberliquoquer ta pauvre cervelle ? Si à Paris n’ont assez d’aller en carrosse, qu’ils se fassent traisner dans une broüette de vinaigrier, ou porter par la ville sur


Nous l’avons vu servir de texte à une caricature parue dans la dernière partie du règne de Louis XIV, et qui a été reproduite par le Musée de la Caricature, 11e liv., et par le Magasin pittoresque, t. 7, p. 36. — Le proverbe liégeois étoit différent : Liége, à l’entendre, étoit le paradis des prêtres, l’enfer des femmes, le purgatoire des hommes. (Michelet, Hist. de France, 6, 146.)